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24/10/2020

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Cinéma A Manille, la brutalité d'une société envers les plus pauvres empoisonne toute les relations et les échanges. Pourtant, la solidarité existe encore, notamment à l'intérieur des familles, petites pousses d'espérance et de réconfort.

 

Ma'Rosa

de Brillante Mendoza.
Philippines, 2016, 1h50.
Festival de Cannes 2016, prix d'interprétation féminine pour Jaclyn Jose.
Sorite en France 27 novembre 2016

 

Dès les premières images, on est happé par ce film tout en tension, où le réalisateur nous met face à une violence sourde mais toujours diffuse. Il n'y aura peu de coups, pas de meurtre mais la brutalité d'une vie de misère et d'angoisse lorsque chaque jour il faut se battre pour protéger sa famille, pour mettre du riz sur la table, pour payer ses dettes. Pourtant, même dans cet infâme cloaque de la grande agglomération de Manille, la solidarité existe et, le temps d'une nuit, on s'entraide.

L'ouverture est une succession de scènes en apparence anodines qui montre la violence du quotidien de Rosa : au supermarché, dans le taxi, avec ses enfants, son mari. Sa vie est un parcours du combattant où à chaque instant survient une nouvelle difficulté qui l'oblige à faire un choix, à partir dans une direction qu'elle n'a pas vraiment choisi. Une spirale qui l'enfonce un peu plus dans les difficultés. Comme la pluie mouille les courses, les actes des autres la mettent en danger et détruisent le peu de confort qu'elle avait réussi à gagner sur l'adversité. Rosa et son mari tiennent une petite épicerie qui vend des nouilles déshydratées et des bonbons. Et de la drogue.

Brillante Mendoza dénonce clairement une société dont la violence structurelle lamine les plus faibles économiquement. Sa caméra fluide qui suit les différents personnages dans leur course contre la montre montre en passant les rues défoncées, la boue qui entre jusque dans les cabanes en bois qui servent de maison, les enfants qui se droguent, les jeux d'argent chez les plus pauvres et les policiers corrompus, faute sans doute d'avoir une formation ou un salaire décents. L'argent lui aussi est fluide et, pendant ces 24 heures, on va le voir passer de mains en mains. La somme astronomique que doivent trouver Rosa et son mari pour sortir de prison, devient un sinistre ballet orchestré par leurs enfants. Car cet argent qu'on n'a pas, il faut bien le prendre à d'autres. Les trois adolescents vont se démener, frapper aux portes, convaincre et, même pour l'un d'eux se prostituer.

Le réalisateur nous amène au cœur de la complexité de ces vies. L'emprise redoutable de la misère empoisonne les relations sociales et affectives, et l'urgence de la survie au quotidien empêche de prendre de la distance et brouille irrémédiablement les notions de Bien et de Mal. Dans deux très belles scènes, Rosa s'arrête brièvement sur sa vie. Souvenirs d'une jeunesse où tout semblait possible et tranquille ou envie de recommencer avec encore moins de moyens mais sans la peur ? Rosa sait qu'il est interdit et dangereux de vendre de la drogue, dont la consommation fait des ravages. Mais elle sait aussi que cet argent permettra à sa fille de faire des études et de vraiment changer de vie. Rosa n'est ni cupide ni méchante, c'est une femme généreuse, elle prête de l'argent quand elle en a, elle invite à table un jeune homme qui n'a plus rien. C'est l'instant qui prime lorsque les moyens font défaut. Brillante Mendoza fait le portrait d'une mère courageuse dans un environnement destructeur.

Ma'Rosa est un film captivant dont l'intrigue à la fois financière et éthique touche profondément le spectateur. Les scènes de rues à Manille sont tournées sans artifice et la misère n'est ni un décor ni une mise en scène, elle est là. A chacun d'en être témoin. Les personnages principaux sont joués par des comédiens professionnels, au jeu excellent. Le jury officiel du Festival de Cannes a d'ailleurs récompensé l'actrice Jaclyn José, qui interprète Rosa, en lui décernant le prix de la meilleure interprétation féminine.

 

Magali Van Reeth
SIGNIS
Décembre 2016

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