Thê Anh Nguyen a été ordonné prêtre pour le diocèse de Pontoise par Mgr Stanislas Lalanne le dimanche 29 juin 2014 à 16h à la Cathédrale St-Maclou de Pontoise. Lire l'homélie de l'évêque, voir les photos et la vidéo...

 

Lire l'homélie de Mgr Stanislas Lalanne      |

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Interview de Thê Anh :  

Thê Ahn est né au sein d’une famille nombreuse, à Thanh-Hòa près de Hanoï au nord du Vietnam, où ses parents sont commerçants. Il évoque pour nous son parcours: “A l’âge de 22 ans, j’étais étudiant en lettres. Je fréquentais quelques amis catholiques et je participais à des soirées de prière, mais je ne me posais pas de questions particulières sur ma foi. L’été 2005, l’archevêque d’Hanoï m’a proposé de partir en France, à Taizé, et j’ai obtenu assez rapidement un visa. Pendant ces deux mois à Taizé, ma vie de foi a été bouleversée de manière positive à travers mes rencontres avec les jeunes qui venaient de partout et aussi par la prière. L’événement qui a tout fait basculer est l’assassinat du frère Roger, le 16 août. Je me trouvais tout près de lui, lors de cette scène dramatique et violente (Au milieu de la foule en prière, une jeune femme déséquilibrée avait surgi pour poignarder frère Roger.) J’ai été traumatisé, en panique totale. Le soir suivant, le Seigneur a fait que cet événement dramatique a changé mon regard sur la foi: un homme avait donné toute sa vie pour le salut des autres, des jeunes. J’ai eu une rencontre très forte, comme un éclair.

Face à cette présence de Dieu, j’ai découvert son amour et j’ai voulu à mon tour le faire découvrir aux autres, dans la vie de chacun

Avant mon arrivée à Taizé, je n’avais pas une foi très solide, il y avait des zones d’ombre. Face à cette présence de Dieu, j’ai découvert son amour et j’ai voulu à mon tour le faire découvrir aux autres, dans la vie de chacun, comme le frère Roger qui, tout au long de sa vie, a cherché à témoigner de l’amour de Dieu. De retour au Vietnam, j’ai demandé à mon évêque d’entrer au séminaire. Je n’avais pas terminé mes études mais je ne voulais pas tarder. Quelque temps après, l’évêque m’a proposé de choisir: ou bien passer le concours pour entrer dans la maison de propédeutique en vue de passer le concours (car les demandes sont nombreuses) pour le séminaire et d’y suivre quatre années de formation, ou retourner en France pour y trouver un diocèse d’accueil”.

Le parcours en France va s’avérer difficile... Thê Ahn explique : “J’ai passé ma première année à Paray-le-Monial. C’était difficile car je n’avais pas de cours de français, et je me trouvais aussi coupé de ma culture et de ma famille; je me sentais perdu. Mais j’ai pu traverser ces épreuves et cela m’a montré que ma vocation était enracinée. J’ai été envoyé deux ans plus tard dans un séminaire à Paris, au collège des Bernardins, et c’est là que j’ai vraiment commencé à apprendre le français. Comment ai-je vécu à Paris? Les difficultés étaient toujours là, mais j’ai apprécié cette formation à Paris, et j’ai touché du doigt la réalité française, le manque de prêtres par exemple, même si à Paris cela ne se voit pas, car il y a une communauté vivante et dynamique. Au cours de ma quatrième année, j’ai été envoyé à Saint-Denis par la Fraternité missionnaire des prêtres pour la ville, et là j’ai découvert la réalité du diocèse en banlieue”. “Après une retraite ignatienne de trente jours, j’ai fait le choix de venir en banlieue. Pourquoi le diocèse de Pontoise? Je souhaitais une proximité avec les prêtres et, au cours de pèlerinages diocésains, j’ai trouvé ce que j’attendais: un presbyterium qui est un peu comme ma deuxième famille. Depuis l’ordination diaconale où j’ai été incardiné dans le diocèse de Pontoise - le 9 juin 2013 - je suis très heureux. Mes projets? Me mettre entièrement au service du diocèse pour faire découvrir aux autres le trésor de l’Amour de Dieu. J’ai découvert la diversité de ce diocèse, une diversité culturelle et religieuse, mais aussi un esprit commun, une unité à travers cette diversité. Outre ma préparation spirituelle, je dois aussi organiser l’accueil de mes parents qui vont venir du Vietnam, et de mes proches venant d’Europe du nord et d’Australie, qui tiennent à m’entourer le 29 juin”. 

Recueilli par Anne-Marie Gianini
Tiré de Eglise en Val-d’Oise n°306 (juin 2014)

 

 



Photos : Denis Beirnaert
3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

13

14

15

16

17

18

 

 

Submit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to Twitter