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01/06/2020

obseques tomas

A Dieu Les obsèques du Père Tomas Kapingala, décédé le 2 avril 2020 des suites du Covi-19, ont été célébrées le jeudi saint 9 avril 2020 à la cathédrale Saint-Maclou de Pontoise. Lire l'homélie de Mgr Stanislas Lalanne. 


Homélie de Mgr Stanislas Lalanne pour les obsèques du Père Tomas Kapingala

Jeudi saint 9 avril 2020 à la cathédrale Saint-Maclou de Pontoise

Au moment où nous sommes réunis autour du Père Tomas Kapingala pour lui dire A Dieu, c’est vers la vie que nous sommes tournés.

Tout d’abord ce capital riche d’affection, d’amitié, de respect… qu’exprime notre présence ici dans cette cathédrale, en particulier :
-       sa nièce, Paulina, représentant sa famille,
-       les membres de sa communauté, ses frères prêtres et religieux, Antonio et Savio, représentant sa congrégation Notre-Dame de La Salette,
-       des représentants de la communauté paroissiale, en communion de prière avec nous, ce matin, et en lien avec nous par le son et l’image,
-       le Père Roberto, qui a été son curé à Sarcelles.

Oui, je le disais à l’instant : en évoquant le Père Tomas, nous évoquons la vie et la joie qui l’habitaient. C’est donc vers la vie et la joie que nous sommes tournés en ce jeudi saint. 

Et puis il y a cette expérience intime, personnelle, secrète, indicible souvent, par pudeur ou tout simplement parce qu’on ne trouve pas les mots pour l’exprimer... Je veux dire la manière dont nous grandissons en humanité, dont nous découvrons et naissons à nous-mêmes grâce à la rencontre de l’autre, grâce à la relation à l’autre. Nous pouvons et nous pourrons rendre grâce pour tout ce que Tomas nous a donné, pour tout ce qu’il a fait naître, grandir en nous, peut-être même à notre insu, sans doute aussi à son insu !

Les témoignages nombreux reçus depuis l’annonce de son décès brutal le manifestent de belle manière. Et chacun, chacune ici dans cette cathédrale, mais vous aussi qui m’écoutez, c’est certain, vous pourriez en témoigner avec vos propres mots.  

Tomas nous a aidés à grandir en humanité. Et c’est une première raison de rendre grâce. Mais plus encore : nous pouvons rendre grâce pour sa foi simple et lumineuse qui nous a aidés à faire grandir la nôtre. C’était un homme bon et un bon pasteur, tout donné à son peuple. Il avait fait l’effort de s’inculturer, de s’adapter pour être missionnaire en France. C’était le but de ses études en sociologie. Il y avait chez lui un véritable souffle missionnaire. Il avait quitté son pays, sa famille pour l’annonce de l’Evangile chez nous. 

Apprécié unanimement par ses paroissiens, il avait su, en peu de temps, instaurer des relations fraternelles au sein de la communauté. Tomas était animé par un véritable zèle apostolique et une attention paternelle. Il témoignait de la saveur de l’Evangile par son enthousiasme communicatif, sa joie de vivre, par son humour, sa simplicité et son sens de l’humilité. Un prêtre bienveillant et proche de chacun. J’avais également été personnellement marqué par sa compréhension des situations et par la finesse de son discernement pastoral. 

Le passage de la Lettre de saint Paul aux Romains que vous avez choisi résonne plus que fortement ce matin : « Aucun d’entre vous ne vit pour soi-même et aucun ne meurt pour soi-même. Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur. Si nous mourrons, nous mourrons pour le Seigneur. » Je trouve aussi qu’un passage de la Première Lettre de saint Jean évoque bien la figure de Tomas : « Parce que nous aimons nos frères, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie. »

C’est notre certitude : Tomas était déjà en communion avec Dieu quand il pratiquait l’amour du frère, quand il prêtait attention à chacun, quand il avait le souci de la communion et de la réconciliation au sein de la communauté. Tomas aimait Dieu à travers ceux qu’il rencontrait, à travers ses frères en humanité. C’est bien la singularité chrétienne qui se joue là. L’amour de Dieu se rend visible dans l’amour fraternel, comme attestation de la résurrection du Christ, comme pierre de touche de la foi.

Jean va d’ailleurs plus loin encore : « Quiconque aime est né de Dieu et parvient à la connaissance de Dieu. » Saint Augustin le dira de magnifique manière : « Tu vois la Trinité quand tu vois la charité. » La charité est l’icône de Dieu. En elle, Dieu se rend visible à nos yeux.

Le visage de Tomas a réfléchi donc, comme un miroir, bien entendu à la fois fidèle et déformant, la face de Dieu. Le Seigneur écrit bien sur le parchemin de nos visages ! Et voici que cet homme, aimé et estimé de tous a été invité à prendre avec le Christ une route singulière. C’est le chemin du Christ qui invite ses disciples à monter avec lui à Jérusalem, à aller jusqu’au bout de l’amour qui se donne.

Le Père Tomas avait bien entendu et mis en œuvre jour après jour l’évangile de ce Jeudi saint avec cet ordre du Christ qui aima les siens jusqu’au bout : « Si donc, moi le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres

Chers amis, avec Tomas, nous avons découvert, non seulement quelque chose sur nous-mêmes, quelque chose sur la foi, mais quelque chose sur la manière de devenir disciple du Christ. Nous avons découvert quelque chose du visage du Christ, quelque chose du mystère même de Dieu.

Chers amis, au long des jours, des semaines, des mois qui viennent, vous pourrez vous rappeler une anecdote, une parole, un événement, une rencontre, un sourire, et les relire comme en résonnance avec telle ou telle page d’Evangile. Et sa vie deviendra appel pour vous... Aujourd’hui il effectue ce grand passage, cette grande Pâque. C’est lui qui nous invite à tourner nos regards vers le Christ et à prendre avec lui la route qui mène vers Pâques.

 A la suite des disciples et de ces femmes au petit matin de Pâques, même si nos yeux sont embués de larmes, nous le croyons :
-       une brèche est ouverte dans la nuit,
-       il y a un au-delà de la mort,
-       celle-ci est vaincue,
-       quels que soient nos failles, nos errements, notre péché, la Vie est plus forte que tout,
-       il n’y a aucune situation définitivement close, même si, humainement parlant, cela peut sembler contraire…

Alors si, à certains jours, la tristesse et les pleurs nous submergent, s’il y a des temps d’obscurité, de solitude ou de désert,
-       il faudra se souvenir de la foi au Christ ressuscité qui animait Tomas,
-       il faudra se souvenir de son dernier message à ses paroissiens, qui nous rejoint comme son testament.

Voici ce qu’il écrivait le 22 mars dernier dans la feuille paroissiale : « Nous sommes appelés à regarder la croix comme au désert le peuple d’Israël avait regardé le serpent pour être sauvé de sa morsure. En regardant la croix du Christ aujourd’hui, la souffrance peut avoir un sens. Elle ouvre à l’espérance de Pâques. »

C’était la foi de Tomas, c’est la nôtre. Amen.

Avril 2020

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