19/08/2018

1806bioethique

Bioéthique A Cergy, une conférence sur la bioéthique avec différents responsables religieux a eu lieu le 8 avril 2018. Une initiative de l'association Souffle et Chemins. Compte-rendu. 

 

Dans la dynamique des Etats Généraux de la bioéthique, des représentants des différentes religions étaient réunis ce 8 avril 2018 à l'Espace "Visages du Monde" de Cergy pour aborder la question de la bioéthique. La soirée a été introduite par Jean-Paul Jeandon, Maire de Cergy, qui a souligné l'importance de l'échange et de l'acceptation des différences, contre tous les extrémismes.

Les intervenants étaient : 

- M. Jean-Paul WILLAIME, Directeur d'Etudes à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, pour l'exposé général, puis pour le point de vue des protestants.
- M. Le Rabbin Mikaël JOURNO, Aumônier Général des Hôpitaux de France, pour le Judaïsme,
- Mme Odile Paycheng, Responsable de la formation en Ethique biomédicale auprès des étudiants infirmiers. Membre de JALMAV ; pour le Catholicisme.
- Docteur Mohamed GHANNEM, Cardiologue, responsable d'une unité de cardiologie interventionnelle. Député tunisien. Il parle pour les Musulmans.
- M. Anthony BOUSSEMART, membre de la Congrégation Ganden Ling, pour le Bouddhisme.

Au cours de cette rencontre, qui se voulait tout d'abord citoyenne, différentes thématiques ont été traitées : 

 

1- Qu'est-ce que l'être humain ? Qu'est-ce que la vie humaine ?
L'Homme doit être au centre de la question. C'est le défi de cette consultation.
Pour les monothéistes, personne n'a demandé de naître et de vivre. La vie est un don de Dieu, elle a une valeur infinie.
Les bouddhistes affirment la valeur de la vie, qui est le seul lieu où l'on peut progresser, pour une bonne réincarnation.

 

2 - La question de la Procréation :
Qu'est-ce que l'embryon ?
Pour les catholiques, dès sa conception, c'est une personne en devenir. D'accord pour la recherche sur l'embryon, ou un diagnostic prénatal, si c'est pour poser un diagnostic et envisager un traitement. Oui pour une vie meilleure ; non pour supprimer cet embryon ou provoquer un avortement.
Il faut que l'enfant dès sa conception, ait un père et une mère.
Refus de la GPA, qui aboutit à l'abandon, à la « vente » de l'enfant. La mère est celle qui a porté l'enfant et l'a mis au monde.
La PMA n'est pas souhaitable, même pour un couple hétérosexuel.

Musulmans : Il n'existe pas d'autorité en Islam, qui soit intermédiaire entre Dieu et les hommes. Il y a donc différentes tendances. Mais la filiation est exigée en Islam. Pour cela, ils refusent la GPA, ainsi que la PMA, qui peut amener à la consanguinité, problème pour les générations futures. L'avenir de l'humanité est en jeu.

Protestants : Pour eux, il n'y a pas de magistère, seule l'Ecriture fait foi (Sola scriptura) ce qui entraîne une diversité d'interprétations. En général, ils acceptent de prendre en compte le désir d'enfant, mais estiment qu'il n'y a pas que le désir individuel à prendre en compte. Ils placent le bien-être de l'enfant au centre de la question. Ils acceptent le principe de la FIV et de la PMA pour des raisons médicales valables, mais sont réticents pour les célibataires et les couples de même sexe. Ils refusent la GPA. Problème de l'éclatement des parentalités. L'enfant n'est pas un droit.

Pour les juifs, le premier précepte de la bible qui s'adresse à l'ensemble de l'humanité
est dans le récit de la Création ; croissez et multipliez-vous.; il est souhaité d'avoir une fille et un garçon et que chacun ait à son tour une fille et un garçon.
Chaque être humain est créé à l'image de Dieu
La Torah interdit la GPA car cela pose le problème de paternité, de maternité et de filiation .
la PMA, ainsi que la FIV est autorisée sous conditions de l'avis de l'autorité rabbinique compétente .
Pour les bouddhistes, il s'agit de discernement personnel, de responsabilité. Grande importance accordée à l'intention, même pour la PMA et la GPA, mais prendre garde qu'il n'y ait pas de marchandisation du corps.

Les religions ont des règles. Mais il existe aussi un fondamentalisme laïc.

 

3- Fin de vie. Quelle attitude devant la mort, pour les religions ?

Dans le judaïsme, il est interdit de faire quoique ce soit qui puisse hâter la mort. A l'image d' une bougie que l'on éteint. Agir de la sorte est équivalent a commettre un homicide .
Cependant L'Humain doit être au centre de la question.
Y a-t-il contradiction entre l'interdiction de l'euthanasie active, (on ne doit pas enlever la
vie ; interdiction de débrancher la machine) et la compassion, la pitié ? Frontière très fine, qui doit être étudiée soigneusement au cas par cas.
Tenir compte de ce que sera la vie après la réanimation. On ne réanime pas des personnes sans avenir. On sait prolonger la vie, mais quelle qualité de vie ?
L'acharnement thérapeutique est strictement interdit .

Pour les catholiques, il est admis (Pie XII en avait parlé en 1957), que la souffrance doit être soulagée, même si cela doit abréger la vie de quelques heures ou jours. La sédation profonde et continue n'est pas une euthanasie.

Pour les musulmans, il est normal de vouloir atténuer la souffrance, la soulager. Il faut aider les gens à mourir avec le moins de souffrance possible, dans la dignité.
Le patient a des droits, des convictions ; le médecin aussi.
Il y a acharnement thérapeutique si l'EEG (électroencéphalogramme ) est plat et qu'on continue à faire respirer artificiellement le patient. Pour le Dr Ghannem, la mort est médicale, pas religieuse, car en pratique la constatation de la mort se fait par un médecin qui se base sur des données médicales objectives . Le Dr a entendu des appels au secours de la part de ses patients, mais jamais de demande d'euthanasie.

Euthanasie : tous refusent l'euthanasie active. Seuls certains protestants acceptent des cas exceptionnels à analyser. Mais tous sont d'accord pour soulager la souffrance et pratiquer la sédation profonde. Si l'accompagnement humain est fait de compassion et de soins, il n'y a pas de demande d'euthanasie. Plutôt que de légiférer sur l'euthanasie, mieux vaut multiplier les services de soins palliatifs et accompagner les proches.

Pour les bouddhistes : Le temps dont on dispose entre la naissance et la mort doit être utilisé au maximum pour obtenir de bonnes renaissances. La vie est le bien le plus précieux. Le moment de la mort est déterminant pour la vie future. Dans le cas de la sédation profonde, la question est délicate concernant un pratiquant avancé car il est important qu'il garde les capacités de conscience au maximum. L'euthanasie n'est pas une bonne solution car elle ne résout rien, si ce n'est peut-être les problèmes économiques des vivants...

Propositions de solutions : La Loi propose 2 possibilités :
- Les directives anticipées qui permettent à chaque personne d’écrire ses souhaits lorsqu’elle sera en fin de vie, ne pouvant plus s’exprimer.
- La personne de confiance, qui connaît les désirs de la personne en fin de vie et qui sera l’interlocuteur auprès des soignants.

Don d'organes : Pour un prélèvement sur un donneur vivant, accord de tous si cela ne fait pas de tort au donneur et si les chances de réussite sont importantes.
Pour le prélèvement sur un mort, réserves pour les juifs, car le corps du mort appartient à Dieu. On ne peut pas lui prélever un organe. Cela pose la question de ce qu'est la mort.

Des questions sur la suite :
- Qu'en sera-t-il de l'application des lois qui seront adoptées, si elles sont contraires aux principes des religions ? Il y a unanimité : la loi du pays est celle qu'il faut respecter. La loi s'impose à chacun, quelques soient ses convictions.
Respecter les lieux où la loi est appliquée.
Mais l'existence de la loi n'oblige pas à adopter ce comportement. Chacun doit se conduire selon sa conscience, comme par exemple pour la loi sur l'avortement.

 

 

Quelques réactions reçues après la conférence :

Noureddine Chafaï, président de la Fédération musulmane de Cergy : Cette soirée nous a permis de mieux comprendre les positions des uns et des autres. La communication est un facteur d’entente et les divergences ne sont qu’une richesse d’esprits qui, à mon sens, rapprochent les gens à travers une compréhension mutuelle. La science est mieux acceptée lorsqu’elle est comprise par tous, il y a une ouverture significative des religions sur l’ère du temps, qui ne pourra que créer un climat de stabilité. Ce genre de rencontres et débats augure d’un avenir serein pour tous, il faut persévérer et rester vigilants face aux interprétations biaisées de telle ou telle religion ou pensée.

Christine : « Un climat d'écoute et de respect ont permis à chacun de dire les choses avec ses mots et dans sa tradition, et aux autres de découvrir ces choses. Chacun a joué le jeu et a exprimé ce que dit sa religion sur les différents sujets abordés. Par contre, plusieurs ont dit l'attention à porter à chaque situation qui est unique, en mettant en avant la personne humaine. »

Juin 2018

 

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