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Entretien Pour mieux interpeller au diaconat. Entretien avec Denis Faupin, diacre et membre du comité diocésain du dioconat permanent qui a participé à la rédaction du texte diocésain « Devenir diacre en Val d'Oise »...

 

Depuis quand y a-t-il des diacres ?
Depuis les premiers temps de l’Eglise. Dans les Actes des Apôtres, il est dit que les apôtres ont choisi, parmi les Grecs, sept hommes pour les seconder : à travers le service de solidarité, de partage, ils ont pour tâche de “signifier le Christ-serviteur”. Cette institution a perduré quelques siècles puis est tombée peu à peu dans l’oubli. C’est Vatican II qui a restauré la fonction, à l’image du Christ-serviteur, et lui a donné son caractère permanent.

Qui sont les diacres aujourd’hui ?
Des hommes mariés ou célibataires, engagés dans la vie familiale, professionnelle et citoyenne.

Comment devient-on diacre permanent ?
Ce n’est généralement pas une démarche spontanée, mais on est appelé, “interpellé” par l’Eglise. Pour un homme marié, la décision se prend en couple. Après un temps plus ou moins long de réflexion, on s’engage dans un processus de six ans environ qui débouche sur l’ordination. Dans une première étape de pré-discernement (deux ans), les candidats, accompagnés par le Délégué diocésain au diaconat permanent (Le père Damien Noël), ap­profondissent leur vie de foi et leurs motivations. Une deuxième étape de formation (quatre ans) permet l’acquisition de compétences nécessaires à la mission fu­ture. Pendant cette période, chaque candidat est épaulé par une équipe d’accompagnement. C’est à la fin de ces six années que le candidat demande à l’évêque
d’être ordonné et que l’Eglise le juge apte à devenir dia­cre. Toutefois, au cours de ces trois temps, interpellation, discernement et formation, certains décideront d’arrêter, d’autres, ce sera l’Eglise qui le leur demandera. Ce sont parfois des décisions douloureuses.

Comment est organisé le service du diaconat ?
Les diacres dépendent directement de l’évêque. Celui-ci a nommé un Délé­gué diocésain au diaconat permanent et un Comité diocésain du diaconat permanent pour l’aider. Les diacres forment ensemble la “Fraternité diaconale”. Ils se retrouvent périodiquement en Fraternités de base composées chacune d’une petite dizaine de personnes (quatre couples et un ou deux célibataires). Ces équipes de base sont renouvelées tous les trois ans. Par ailleurs, des sessions de formation, une retraite annuelle, des rencontres de travail avec l’évêque, sont proposées à la Fraternité.

Quelles sont les services du diacre ?
La Charité, la Parole, la Liturgie. Le diacre a pour mission d’aller à la rencon­tre des pauvretés, quelles qu’elles soient, matérielles, bien sûr, mais aussi spirituelles, morales, familiales, affectives, la maladie, le manque de repères… Chacun a une mission dans des domaines aussi divers que le monde du travail, de la santé, de l’éducation, des cités, des migrants, des Gens du voyage… Le fait de travailler, de mener une vie de famille, permet une approche différente.

Pour vous, qu’est-ce qui est le plus important ?
C’est d’être des “éveil­leurs” : il y a des petites graines partout, à nous de les voir et de les aider à pousser. Un jeune couple qui n’a pas été catéchisé apporte son amour, déjà une image de l’amour de Dieu. Notre fonction est de réveiller nos communautés. “Arrêtez de ronronner”, avons-nous envie de dire. être témoin du Christ serviteur, ce n’est pas notre domaine réservé, nos communautés doivent mettre au centre le service des plus pauvres : la diaconie de l’Eglise. Nous espérons que le document (1) que vous présentez aidera les communautés à être attentives à détecter de futurs candidats au diaconat permanent et à les “interpeller” : c’est le rôle des Conseils pastoraux, des Equipes d’animation pastorale…

Quelles sont vos joies ?
Rien que des joies… Les rencontres, les partages… Une joie que j’ai découverte : la prière de l’Eglise, la “liturgie des heures” ; on se rend compte qu’on n’est pas seul !

Lire le texte officiel

Mars 2007

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