1702mistral

Cinéma Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual sont les 5 personnages principaux de ce documentaire délicat et joyeux. Ils ont entre 6 et 9 ans et ils sont atteints d'une grave maladie qui empiète sur leur quotidien et pèse sur la vie de toute la famille. Pourtant, ils sont heureux et nous le montrent.

 

Et les mistrals gagnants

d'Anne-Dauphine Julliand
France, 2016, 1h19
Sortie en France 1 février 2017

Documentaire

 

1702mistral afficheFilmé à hauteur d'enfants, c'est-à-dire avec une caméra qui est à la hauteur de leurs visages et non pas en contre-plongée, le documentaire les suit dans leur spontanéité et leur insouciance, leur brusque revirement, comme la course de Charles dans les couloirs de l'hôpital où il cherche son copain Jason. Leurs envies sont des plus simples : avoir une vie normale et donc aller à l'école tous les jours et faire du sport comme tous les autres enfants... Ils connaissent parfaitement les détails de leur maladie, la difficulté des traitements, les aléas d'une greffe et les techniques de soin. Ils sont lucides sur eux-mêmes et leur fragilité leur donnent un enthousiasme qui peut surprendre ceux qui sont prêts à les plaindre.

Si la réalisatrice a le souci de ne jamais tomber dans la mièvrerie ou le pathos, plusieurs scènes sont si émouvantes qu'elles font venir les larmes aux yeux de beaucoup de spectateurs adultes. Les enfants eux ne s’apitoient jamais sur leur sort ou leur état. Si Imad pleure à l'instant très désagréable où sa mère va lui mettre une sonde, il est, le reste du temps, un enfant joyeux, heureux de nous faire partager son quotidien, de raconter le voyage "direct en France". Belle leçon pour les grandes personnes que nous sommes, toujours inquiets de l'avenir, regrettant le passé, n'osant savourer le présent. Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual, parfaitement conscients de leurs handicaps et de leurs faiblesses, adorent la vie au moment où elle se déroule, tâchent de la vivre à fond, comme Camille qui se fait mal en jouant au foot ou Tugdual arrivant essoufflé au sommet de la montagne.

Les adultes, personnel hospitalier, soignants, enseignants et parents, sont discrètement présents. Ils ne sont pas les personnages du film mais, par leur discrètes présences, les gestes furtifs montrés à l'écran, leur écoute attentive, on devine toutes les difficultés et les joies d'une vie où ils accompagnent, soignent et aiment ces enfants. Furtivement, on comprend aussi que presque toutes les familles ont eu un autre enfant après celui qui était malade, un petit frère ou une petite sœur, formidable preuve de foi dans la vie.

Accompagné par la chanson éponyme de Renaud, le documentaire Et les mistrals gagnants est une leçon de vie, la vie précieuse que ces enfants ont envie de nous faire partager.

 

Magali Van Reeth
SIGNIS
Février 2017

 

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