16/12/2018

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Saint Marc Le service diocésain Foi et Culture vous propose de partager l'Evangile selon Saint Marc à partir d'œuvres d'art. Le baptême du Christ de Joachim Patinir et le zoom 1 de l'évangile selon Saint Marc (Mc 1,1-11).

 

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 L'artiste :

Joachim Patinir (~1480-1524) est un dessinateur et peintre né à Dinant dans la vallée de la Meuse. Il s’est peut-être formé à Bruges auprès du peintre Gérard David mais sa jeunesse est assez peu connue. Toujours est-il qu’il apparaît en 1515 comme franc maître sur les registres de la corporation des peintres d'Anvers. Il a collaboré avec certains grands maîtres comme Quentin Metsys ou Albrecht Dürer.

Héritier lointain des paysages de Jan van Eyck, il est l’initiateur du paysage panoramique, s’étendant à perte de vue vers un horizon très élevé, à la manière de ses prédécesseurs du XVe siècle. Il s’agit évidemment de paysages imaginaires où se mêlent des amas rocheux fantastiques et des réminiscences des paysages familiers de Flandre ou de la Meuse. Sa palette de couleurs très fine, où dominent le vert et le bleu, permet à l’artiste de mettre en place une composition par plans à la fois claire et pleine de surprises. Certains de ses seconds plans sont encore loin d’avoir été déchiffrés.

 

■ Que voyons-nous ?

La scène se situe en extérieur, dans une vaste nature sauvage, escarpée, dominée par les verts, les bleus, les gris et les blancs. Deux épisodes narratifs se détachent clairement de ce cadre naturel : le baptême du Christ et la prédication de saint Jean-Baptiste.

Au premier plan, s’imposant d’emblée au spectateur, se trouve le Christ en train d’être baptisé par Jean-Baptiste. Le Christ est debout, les mains jointes, vêtu d’un simple drap blanc noué à la taille, les jambes dans les eaux de la rivière, tandis que Jean-Baptiste, légèrement en surplomb, se tient à genoux sur un promontoire rocheux, la main tendue, versant l’eau sur la tête de Jésus. Un grand manteau bleu a été déposé au pied d’un arbre chauve, mort. Jean-Baptiste, lui, porte son traditionnel habit en peau de bête.

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Au second plan, à gauche, se situe le second épisode, la prédication de Jean-Baptiste devant les foules venues pour l’écouter. On devine des personnages de conditions très diverses : riches bourgeois (avec leur chapeau ou leur turban), les simples pèlerins ou pénitents (avec leur manteau à capuche), un bébé est niché contre sa mère, assise sur un tronc, et même des soldats (en armure, portant la lance). A l’orée de la forêt, marchant sur un fin lacet serpentant, d’autres populations arrivent encore.

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Au second plan, à droite, légèrement en contrebas, le paysage est désert. Une masse rocheuse, à la découpe fantastique, se dresse au milieu d’un petit bois et atteint les cieux. Des pics escarpés de tailles plus modestes l’accompagnent, à droite, sur lesquels on distingue une forteresse en ruines.

Dans les cieux, perçant les nuages sombres, Dieu le Père apparait dans un halo de lumière ; d’un geste de la main il envoie la colombe en direction de son Fils.

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■ Que ressentons-nous devant cette œuvre ?

Fixés par le Christ qui regarde droit devant lui, nous sommes  appelés à pénétrer dans la composition pour être témoins de la scène du baptême, scène d’une grande solennité, intime et recueillie. Nous sommes à la fois impressionnés et silencieux, saisis par l’action qui est en train de se passer. La mise en scène du deuxième épisode est très différente, plus anecdotique : l’artiste nous donne à voir une scène de foule où se retrouvent attentifs ses contemporains.

                               

■ A quelle interprétation le peintre nous invite-t-il ?

L’artiste a représenté le double épisode narré dans les versets 1 à 11 du premier chapitre de l’évangile de saint Marc : la prédication de Jean-Baptiste et le baptême du Christ.

Respectant une tradition picturale ancrée chez ses ainés des XIIIe au XVe siècle, Patinir a renversé la chronologie et mit le second épisode au premier plan. Avant de se disperser vers les multiples ramifications de la composition, l’œil se fixe sur la scène du baptême, d’autant plus aisément qu’elle est dépouillée et facile à lire. On y découvre la traduction littérale du texte biblique : « Jésus vint de Nazareth et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain », « Jean était vêtu de poil de chameau ».

Et au-dessus d’eux, fendant les cieux de sa lumière, Dieu le Père fait descendre sur son fils le signe de l’Esprit Saint : « il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Il y eut une voix venant des cieux : Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Cette représentation trinitaire (Christ, colombe, Dieu) est classique mais accroche le regard par le positionnement sur un axe vertical central et par le choix des coloris choisis : sur une palette sombre de vert et de bleu, le corps dénudé du Christ, la colombe et la mandorle divine, se détachent parfaitement bien.

Dans un second temps, l’œil se déplace sur la gauche, vers la scène de la prédication : nous sommes invités à écouter le message qui se trouve dans les versets précédents (dans son évangile, Marc consacre d’ailleurs plus de versets à la prédication qu’au baptême). « Jean parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés ». Une foule le suit et l’écoute. Et, détail très intéressant glissé par Patinir pour les regards exercés, un homme reste isolé près d’un buisson. Il porte un manteau de la couleur de celui abandonné auprès de l’arbre au premier plan. On peut ainsi penser que le Christ est déjà présent dans l’épisode de la prédication, déjà présent dans les temps de l’annonce de sa venue, mais encore invisible aux yeux des hommes. 

Cet ajout rend plus profond la traduction picturale de Patinir puisqu’il introduit l’idée que le Christ est présent sur le chemin des hommes, avant et après le baptême, presque invisible, pour les guider sur les chemins tortueux de la vie.

Servant le message d’Isaïe, cité par Marc (« Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers »), la perspective aérienne est schématisée par la succession de trois plans colorés : sombres et froids au premier plan, verts et blancs lumineux au second plan et des perspectives lointaines bleutées. Ces étagements fuient vers un horizon relevé, placé très haut dans le ciel. Le paysage de Patinir n’est pas un paysage au sens moderne du terme, c’est-à-dire qu’il ne représente pas un paysage réel mais un paysage recomposé qui incite à la contemplation et à la méditation. Le message est double : à la fois religieux (le paysage est une réflexion sur la beauté de la création divine, à une époque où le message franciscain a montré que l’amour de la nature ne détourne pas de Dieu mais qu’on peut au contraire aller vers lui à travers sa création), et à la fois humaniste (une réflexion sur l’étendue et la diversité des paysages à une époque où l’on se passionne pour la découverte des terres lointaines).

Le paysage de Patinir n’est pas tortueux et accidenté par hasard, il est un assemblage d’images et d’idées : il symbolise le chemin spirituel et personnel que tout homme doit mener pour méditer la Parole et atteindre le Salut.

Les compositions de Patinir invitent toujours à un voyage, de l’œil et de l’esprit. On se promène dans les plans successifs. La masse rocheuse au centre du tableau n’est pas sans évoquer le sinistre Golgotha, symbole absolu de l’épreuve, et la niche creusée au pied des rochers évoque très certainement le tombeau où le Christ fut enseveli. Ce tombeau est représenté ouvert, donc déjà tourné vers la Résurrection.

Et l’arbre mort à gauche du tableau, séparant Jean-Baptiste du reste de la foule, n’est-il pas là pour nous faire entrevoir que Celui qu’il annonce vient inaugurer un monde nouveau ?

 

complet

 

 

logo foiculture couleur 01Cette fiche est proposée et réalisée par Foi et Culture, service du diocèse de Pontoise. Foi et Culture a pour mission d’être à l’écoute des initiatives culturelles et artistiques révélant la dimension spirituelle de l’homme. Il initie et soutient des projets faisant rayonner la foi catholique.
Contact : Foi et Culture - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. - catholique95.fr/foietculture

Janvier 2018

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