17/10/2018

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Pèlerinage de Pontoise 2018 Dans son homélie du dimanche 9 septembre 2018 à la cathédrale, à l'occasion du pèlerinage diocésain à Notre-Dame de Pontoise, notre évêque, Mgr Stanislas Lalanne, nous invite à vivre cette année dans l'espérance, à la suite de Marie. Marie qui « nous invite à l’amour, à la confiance. Elle vient au-devant de nous pour nous inviter à cette marche avec Dieu et à l’espérance. » Lire l'homélie dans son intégralité.

 

Homélie de Mgr Stanislas Lalanne
Pèlerinage diocésain à Notre-Dame de Pontoise - dimanche 9 septembre 2018

 

Vous l’avez entendu, le dragon décrit par le livre de l’Apocalypse apparaît pour semer la mort et pour « dévorer l’enfant dès sa naissance ». Mais le même livre de l’Apocalypse nous dit que le dragon, le Satan, ne sortira pas vainqueur de son combat avec les anges de Dieu. A travers le langage imagé des visions de l’Apocalypse, c’est le combat contre le Christ et son Eglise, le combat perpétuel entre la vie et la mort qui est symboliquement évoqué.

Vous le savez, ce combat est toujours d’actualité, même si notre culture essaie de l’évacuer en se donnant l’illusion de pouvoir vaincre la mort ou, en tout cas, en s’efforçant de la cacher. 
Chacun de nous sait que la lutte est rude entre forces de destruction de l’humanité et appel à la vie. 
Chacun de nous sait que l’espérance de la vie doit sans cesse lutter contre une culture de la mort.
Chacun de nous sait que l’existence humaine, quels que soient les progrès accomplis et les remèdes inventés, est marquée par la fragilité.

A cette fragilité radicale et commune à tous les êtres humains s’ajoutent les soucis que nous connaissons tous : soucis de santé, soucis du travail, soucis des familles brisées, soucis des enfants à accompagner vers l’âge adulte, soucis des personnes âgées… Il faut aussi penser au malaise ressenti. Il s’exprime par les crises morales et le « mal être » et fait la fortune des fabricants de tranquillisants. Tout cela est présent et pèse sur nos cœurs et nos pensées. Comment s’étonner alors de voir tant de contemporains reculer devant l’aventure de la vie ?
Certains baissent les bras et se laissent aller au fatalisme. D’autres, plus radicaux, décident de quitter la partie et se suicident. D’autres encore renoncent à transmettre cette vie qu’ils ont reçue et dénient la possibilité d’un avenir pour eux-mêmes et pour la société.

Comment les chrétiens vivent-ils dans cet environnement ? Sont-ils différents des autres ? Leur foi leur donne-t-elle des ressources pour faire face ? Ou bien grossissent-ils les rangs de ceux qui se lamentent sur les malheurs du temps ? Cette fête de Notre-Dame de Pontoise devrait nous aider à répondre à ces questions. Pourquoi ? Parce que la victoire sur le dragon de l’Apocalypse est accomplie pour elle et qu’elle a rejoint la place que « Dieu lui a préparée ». 

Peut-être vous demandez-vous en quoi cela change quelque chose à nos préoccupations quotidiennes ? Pour répondre à cette question, ayons présent à l’esprit ce que Paul nous dit : « Le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, le premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis. » Beaucoup admettent que Jésus est ressuscité. Mais ils attribuent sa résurrection au fait qu’il était le Fils de Dieu, sous-entendant : « Pas vraiment comme nous » ! Mais avec Marie, nous sommes confrontés à une réalité différente : Marie n’est pas Dieu ! Elle n’est pas pour nous une divinité hors du temps ! Elle est une fille d’Israël, de la même espèce que nous, une femme parmi les femmes de la terre. Si elle, qui est une femme de notre espèce, est glorifiée, alors la glorification n’est pas réservée à Jésus : elle nous concerne tous.

Nous sommes appelés à être glorifiés comme elle. Quelle espérance pour l’humanité ! La chape de plomb qui pèse sur toute existence humaine est brisée à jamais. Dans aucune vie humaine la mort ne saurait vaincre la puissance de l’amour miséricordieux de Dieu. La terre n’est pas enclose dans la fatalité des blessures et des déterminismes. Les cieux se sont déchirés pour annoncer la bonne nouvelle d’un avenir pour l’humanité. Si nous fêtons Marie, ce n’est pas seulement pour nous réjouir du bien que Dieu lui fait ! C’est aussi pour porter un nouveau regard sur notre existence humaine. « Ne vivez pas comme ceux qui n’ont pas d’espérance ! », nous dit saint Paul. 

Je crois que nous en avons tellement besoin de cette espérance en cette période troublée et rude pour toute l’Eglise et la société, quand nous apprenons avec indignation ces cas d’abus sexuels sur mineurs par des prêtres et religieux.

Des faits très graves qui ont blessé profondément des personnes et qui ont fragilisé la confiance des fidèles envers l’Eglise et qui appellent notre vigilance commune. La Lettre du pape François au peuple de Dieu, à la veille de son voyage en Irlande, est à lire par chacun de nous et dans nos communautés. Je vous le demande avec insistance. Ce pape qui remet au cœur de notre vie ecclésiale le service et l’humilité, et qui nous invite fortement à lutter contre toute forme de cléricalisme, qui peut atteindre les clercs et les laïcs.

Alors, permettez-moi de vous proposer quelques pistes pour vivre cette année dans l’espérance, à la suite de Marie, dans la dynamique de la Grande Assemblée. 
Ils vivent dans l’espérance, les jeunes qui imaginent leur avenir autrement que comme une course effrénée à l’argent et au pouvoir et qui souhaitent être généreux. Heureux sont-ils si les adultes ne détruisent pas leur idéal ! Malheureux sommes-nous si nous leur communiquons nos frayeurs, nos craintes !

Ils vivent dans l’espérance, ces hommes et ces femmes qui unissent leur vie en s’engageant dans le mariage pour s’aimer toujours et donner la vie à des enfants. Heureux sont-ils si on ne les ridiculise pas de croire à l’amour ! Malheureux sommes-nous si nous spéculons sur les crises et les risques de la fidélité !

Ils vivent dans l’espérance, les hommes qui répondent à l’appel du Christ pour devenir les prêtres et les diacres de son Eglise. Heureux sont-ils de collaborer à la tâche de l’unique Pasteur ! Malheureux sommes-nous si nous n’estimons pas leur ministère !

Ils vivent dans l’espérance, ceux qui s’engagent résolument au service des autres, ceux qui œuvrent pour améliorer la vie de notre société. Heureux sont-ils s’ils ne se laissent pas griser par le pouvoir et le goût de l’argent ! Malheureux sommes-nous si nous doutons que quiconque puisse faire quelque chose d’utile !

Ils vivent dans l’espérance, ceux qui se donnent aux soins des personnes malades, handicapés et des personnes âgées pour leur donner confiance dans la valeur de leur existence. Heureux sont-ils s’ils progressent dans le respect de l’humanité ! Malheureux sommes-nous si nous renonçons à la dignité des souffrants et si nous les abandonnons à la mort solitaire quand nous ne la hâtons pas !

Vous vivez dans l’espérance, vous tous, jeunes et adultes, qui faites face, jour après jour, aux contraintes de votre vie et qui ne baissez pas les bras. Heureux êtes-vous si vous gardez le courage de combattre pour que la vie mérite d’être vécue, pour vous, pour les vôtres et pour tous les hommes ! Heureux êtes-vous si vous vous voyez, vous aussi, comme d’humbles serviteurs du Seigneur : « Tous les âges vous diront bienheureux ! » Aujourd’hui encore la mère du Seigneur vient jusqu’à vous, comme elle est venue jusqu’à Elisabeth. Elle vous tend la main et elle vous dit : « Confiance, pour toi aussi Dieu a préparé une place » !

Dans une société qui parle beaucoup de la mort mais très peu de l’au-delà, il est bon d’entendre, de la part de Marie, qu’une espérance nous est offerte. La mort n’est pas le dernier mot de l’homme car elle n’est pas le dernier mot de Dieu. Dieu nous a fait pour la vie. Dieu nous sauve, voilà notre joie ! Si Marie nous indique le terme du chemin, elle nous donne aussi des indications pour la marche. Elle nous invite à l’amour, à la confiance. Elle vient au-devant de nous pour nous inviter à cette marche avec Dieu et à l’espérance. Comme elle le proclame dans le Magnificat, elle se veut proche tout particulièrement des affligés, des pauvres, des blessés de la vie. 

Alors, que Notre-Dame de Pontoise soutienne votre espérance, entende vos prières, qu’elle en soit la porteuse devant Dieu et qu’elle intercède pour nous.

Amen.

+ Mgr Stanislas Lalanne
évêque de Pontoise
9 septembre 2018

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