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23/11/2020

Vidéo « Si l'eucharistie est le sacrement de l'Amour, ce que j’ose appeler « le sacrement du frère » n'est pas moins ce sacrement de l'Amour. » Voir l'homélie de ce dimanche 15 novembre 2020, fête du Christ Roi, par Mgr Stanislas Lalanne.

 

 

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Homélie de Stanislas Lalanne
Dimanche 22 novembre 2020

Voir la proclamation de l'évangile du jour par Mgr Stanislas Lalanne

Chers amis,

je trouve que le titre souvent donné à ce récit – Le jugement dernier – induit en erreur sur l’interprétation de ce texte. En effet, cette description du Jugement final ne concerne pas seulement un avenir lointain. Elle retourne les cartes de l’histoire présente.

Ce récit est important car il constitue comme l’ultime testament de l’Evangile. Jésus s’identifie lui-même aux êtres en détresse, aux pauvres. Il ne faut donc pas édulcorer la force du message ! Le pauvre, dans son dénuement, est visage du Christ.

Chaque visage de pauvre est l’icône du Christ. Actualisant le Christ, le pauvre actualise le jugement du Christ sur toute société. Finalement, le plus court chemin pour aller au Christ, c’est le détour par l’autre. La proximité du Christ est la proximité de nos frères en détresse… 

Cela signifie que le salut se joue dans les actes les plus élémentaires de la vie quotidienne, dans les relations humaines qui se tissent ou se déchirent. Cela signifie que l’éternité est engagée dans l’instant, comme le Christ l’est en tout amour.

Et si l’Evangile n’a pas dessiné les traits de Jésus, c’est peut-être pour que nous puissions le chercher et le déchiffrer en tout visage d’homme. On pourrait dire que le Christ est « le sans-visage de tous les visages ».

A la clôture du concile Vatican II, le 7 décembre 1965 le pape Paul VI avait prononcé des paroles très fortes qui s’ancrent dans ce texte d’Evangile. Des paroles qui n’ont pas pris une ride. Ecoutez : « Si nous nous rappelons qu’à travers le visage de tout homme – spécialement lorsque les larmes et les souffrances l’ont rendu plus transparent – nous pouvons et devons reconnaître le visage du Christ. Et si sur le visage du Christ nous pouvons et devons reconnaître le visage du Père céleste : ‘Qui me voit, dit Jésus, voit aussi le Père’ (Jn 14, 9), notre humanisme devient christianisme et notre christianisme se fait théocentrique, si bien que nous pouvons également affirmer : pour connaître Dieu, il faut connaître l’homme. » Magnifiques paroles !

Le chrétien qui participe à l’eucharistie le dimanche est appelé un chrétien pratiquant. Mais il s'agit de s'interroger tout autant sur sa pratique du frère. Si l'eucharistie est le sacrement de l'Amour, ce que j’ose appeler « le sacrement du frère » n'est pas moins ce sacrement de l'Amour.

Cette expression, plutôt familière à la théologie de l'Eglise orthodoxe, a connu une certaine fortune dans la théologie catholique des années 60. Elle a été utilisée par un grand théologien catholique suisse, Hans Urs von Balthasar.

Le Christ est réellement présent dans le visage du frère : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Il y a un lien fort entre l'eucharistie et la charité, qui est pour ainsi dire elle-même eucharistique, c’est-à-dire mouvement d'offrande, de don d'un amour gratuit pour l'autre.

Et cela nous renvoie à la triple action évangélisatrice de l'Eglise qui exprime sa nature :
-      l'annonce de la Parole de Dieu,
-      la célébration des sacrements,
-      le service de la charité.

Le « sacrement du frère » n’est pas un huitième sacrement à côté des sept sacrements ! Le Dieu célébré par les chrétiens s'est révélé en la personne du Christ qui s'est fait proche de celles et ceux qui étaient les plus éloignées de Dieu, qui ne le connaissaient même pas.

Le « sacrement du frère » est donc cette expression s’appliquant au visage du frère : « Le chrétien aime Dieu à travers son frère en humanité », dit Balthasar. Je trouve cette expression belle et significative.

Sans devenir un simple moyen, le visage du frère, en particulier le plus fragile, peut être perçu comme une révélation de l’amour de Dieu, un relais de la Parole qui nous atteint et nous bouscule.

La foi chrétienne révèle ce qui est engagé dans tout acte de charité, dans le service du frère : une relation qui n’est pas seulement humaine mais qui atteint Dieu « en personne » par la personne de son Fils Jésus.

Et donc, l’amour de Dieu doit constamment s’attester dans l’amour du frère. Cet amour de Dieu vient à la visibilité dans l’amour fraternel.

Saint Jean le dit avec force : « Quiconque aime est né de Dieu et parvient à la connaissance de Dieu » (1 Jn 4, 7). Nous sommes bien au-delà des questions confessionnelles, des questions d’appartenance ou non à la foi chrétienne.

Le texte de Jean fait une confiance extraordinaire à la capacité sacramentelle de l’amour humain. Il ne peut pas ne pas conduire à Dieu, ne pas instiller l’expérience du Tout-Autre.

Saint Augustin dira de façon aussi directe : « Tu vois la Trinité quand tu vois la charité. » Puisque Dieu est amour, quiconque aime l’amour découvre Dieu.

Et Maxime le Confesseur, ce moine et théologien au 7e siècle, l’exprime en perspective orientale : « La charité est l’icône de Dieu. En elle, Dieu se rend visible à nos yeux. »

Le visage humain « réfléchit » donc, comme un miroir, à la fois fidèle et déformant, la face de Dieu. Nous pouvons attester que le Seigneur écrit bien sur le parchemin de nos visages !

Un chrétien ne peut donc pas avoir un regard divergent. Si nos yeux sont fixés sur le Christ, dans sa Parole, dans la prière et la célébration des sacrements, alors ils doivent l'être aussi sur ceux qui ont faim et soif, qui sont étrangers, nus, malades ou en prison, car c'est en eux qu'il se rend visible.

Chers amis, la figure du pauvre doit nous hanter. Elle est le lieu de discernement par excellence. Tout ce que nous disons de l’eucharistie, de l’évangélisation, de l’attitude résolument missionnaire et du frère n’a de sens que dans la fraternité réelle avec lui.

Oui, laissons-nous saisir par la charité. Elle est le cœur même de Dieu. Amen.

 

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